Dans le hall de la Foire de Cologne devenu salle de presse, le temps des JMJ, des écrans géants muets sont accrochés au-dessus des centaines d'ordinateurs installés en batterie. Jour et nuit, des journalistes du monde entier (aux dernières nouvelles, nous serions 7700 à Cologne) font cliqueter les claviers. Mais à midi pétantes aujourd'hui, c'est devant dans les deux seules télés qui diffusent du son -en allemand (non-germanophones s'abstenir dans la salle de presse... )- que s'agglutinent une centaine de confrères. Silence religieux quand le pape descend de l'avion. Rires lorsque Benoît XVI se bat contre sa soutane qui vole au vent. "Non, il n'a pas embrassé le sol," réponds-je à un ami francais, arrivé quelques minutes en retard, et attentif, comme moi, à ce geste symbolique.
Discours du président de la République fédéral d'Allemagne, Horst Köhler, dont certains propos ne dépareilleraient pas dans une homélie : "Les principes de la foi doivent être le sel de la terre" ou "L'homme ne vit pas que de pain. Et ce n'est qu'à travers l'autre que l'homme parvient à lui-même." Le pape prend alors la parole. Stylo en main, les journalistes suivent attentivement, pour apporter d'éventuelles corrections au texte distribué ce matin ous embargo. Stupéfaction : Benoît XVI en rajoute des tonnes ! Surtout dans la première partie de son allocution, où il distribue les remerciements. Au président Köhler, il lance : "On peut donc venir du monde de l'économie et faire de la théologie !" Puis, lorsqu'il remercie les jeunes pour leur accueil, le contingent de jmjistes présents à l'aéroport répondent en scandant "Be-ne-det-to !!!" (en italien, Benoît). On entend alors, un éclat de rire bref mais net. Le rire du pape allemand ! Le style "Benoît XVI" serait-il en train de naître ?
Marie-Christine


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