Brice Mombo et Paul-Alain Mavioga viennent du Gabon. Le premier a 28 ans, le second, 30 ans. C'est un miracle qu'ils soient présents à ces vingtièmes JMJ. Brice, instituteur à Librevillle, la capitale du pays, explique qu'un visa coûte 30 euros. "Cela revient à une semaine de travail pour un employé gabonais", explique-t-il.
Paul-Alain, documentaliste dans la même ville, raconte à son tour que le prix du voyage, 1 200 euros, est inaccessible à 99 % d'Africains, Gabonais ou non. Que s'il n'avait pas été invité par le diocèse français d'Arras (Nord), il n'aurait jamais pu venir à Cologne.
Autre problème pour le continent noir : l'obtention des visas. Cette année, un grand nombre d'Africains pourtant invités, se sont vu refuser les précieux documents parce que le pays accueillant craignait d'être envahi par la suite de demandeurs d'asile : "En 1997, se souvient une religieuse qui accompagnait une délégation sénégalaise aux JMJ de Paris, plus de 50 jeunes pèlerins de mon groupe ne sont pas rentrés chez eux"...
Apollinaire, le Congolais, n'a pas envie, lui, de rester en France. Encore moins en Allemagne. A Nancy, où il réside depuis 1999, il a entrepris des études de travailleur sanitaire et social. Une fois son diplôme obtenu, il veut retourner chez lui pour ouvrir un dispensaire dans son village situé à 700 km à l'ouest de Kinshasa, la capitale.
"Je suis prêtre, dit-il. Et pour me mettre au service des gens de mon pays, j'ai envie d'agir. Non seulement d'ouvrir ce dispensaire, mais aussi d'éduquer les gens de ma région à l'hygiène, à l'éducation et à la santé. Dieu nous demande d'agir et pas seulement de prier."
Luc


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