Les quelque 800 000 JMJistes venus des cinq continents ont une foi, un avenir. Ils sont à Cologne pour manifester leur espérance. Ils ne sont pourtant qu'une partie de la jeunesse. Celle qui, privilégiée de voyager, a reçu une éducation, des repères.
A la gare de Belfort (90), Tewfik, jeune Français de 21 ans, né dans l'Est de la France de parents algériens, n'a pas eu cette chance. En rupture familial, il erre en galère. Pas vraiment en révolte, il s'approche. Du matin au soir avec une bande de compagnons comme lui en difficulté, il squatte le hall d'arrivée de la gare, affrontant les regards méfiants des voyageurs qui partent vers d'autres horizons.
Enfant, personne ne lui demandait, le soir, s'il avait des devoirs à faire en rentrant de l'école. Alors, aux études, Tewfik a préféré la rue ; à ses parents, la bande qu'il fréquentait. C'est cette bande qui l'a élevé. D'elle, il a tout appris. Tewfik n'est jamais sorti de sa crise d'adolescence. Personne ne l'a d'ailleurs aidé à en sortir.
Il regarde les jeunes de son âge prendre le train pour aller aux JMJ. Pour lui, c'est un autre monde qui défile devant ses yeux.
Luc


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